Reportage

Escalade

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Escalade dans les Ecrins septembre 2026

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La sortie Oxygène Escalade à Vallouise, ou La Chevauchée des Vaches Qui Ripent …

 

 

En cette période de l’année durant laquelle il est désormais hautement recommandé de ne plus déambuler pieds nus dans les châtaigneraies, la section Escalade oxygène Stellantis, dans une ambiance de bouquet final, s’apprête à mettre un terme joyeux à son programme 2026. Ainsi, conformément à la tradition, la sortie d’automne clôturera notre saison grimpe par une incursion de quatre jours sur l’un des plus beaux secteurs d’escalade que compte le territoire. Après deux évènements multi-activité montagne ouverts à tous, ce dernier, orienté grandes voies, restera réservé à un public averti. Parmi les qualités. requises, avoir le sens de l’itinéraire, savoir suivre son chemin sur un terrain pauvre en points de sécurité (le principe « il n’y a qu’à suivre les pointillés » ne s’applique pas ici), savoir poser un relai, assurer son second sans faille, descendre en rappel, prendre les bonnes initiatives en cas d’incident, le cas échéant entreprendre les manips de repli qui s’imposent, ... Comme vous l’imaginez, tout cela ne s’improvise pas et requiert un minimum d’expérience…

Cette fois, la destination élue sera les Ecrins. Ce massif situé à l’Ouest de Briançon, bordé à l’Est par la Durance, héberge notamment La Meije, le Dôme des Ecrins, Le Pelvoux, L’Ailefroide. Des noms qui d’une manière ou d’une autre doivent vous interpeler. Et puisqu’en quatre jours il nous sera impossible de survoler l’ensemble des points d’intérêt du massif, nous concentrerons nos évolutions essentiellement sur Ailefroide.

Ce lieu se caractérise par son ambiance montagne très marquée et sa roche granitique imposant une technique de grimpe particulière. A 1500 m d’altitude, nous y sommes en pleine atmosphère montagnarde, entourés de sommets, les vrais, comme sur les cartes postales avec de la neige dessus (sur les sommets, pas sur les cartes !...). Tout autour, plus de 500 voies en plusieurs secteurs, du 3a au 8a, en blocs, couennes ou grandes voies, sur équipement sportif impeccable ou terrain d’aventure complet. De quoi satisfaire du plus petit au plus grand des grimpeurs que ce soit par la taille, la performance ou l’audace. Et « neige sur le sommet » (ou « cerise sur le gâteau »), les itinéraires se distribuent sur des secteurs orientés Est, Ouest et Nord, ce qui permet de fuir le soleil ou le froid selon la saison de pratique. Les grandes voies vous embarquent pour des voyages allant jusqu’à 400 m de verticalité. Il est cependant toujours possible de trouver des itinéraires intéressants d’amplitude plus modeste… Le Paradis du grimpeur, en quelque sorte ! Le Paradis, certes, mais seulement pour qui apprécie le type de grimpe imposée par ce granit au grain féroce constitutif de ces impressionnantes dalles compactes dénuées d’aspérités. Ici, l’absence de prises de mains surprend. Rien à serrer pour se rassurer. Eh oui, comme disait l’autre, « c’est lisse hélas. C’est là qu’est l’os !... ». Ultime recours, les pieds font l’essentiel du travail. Ainsi, les fins de journée sont marquées par de vives douleurs concentrées sur ces extrémités de notre anatomie qui, toute la journée durant ont été confinées, comprimées et surchauffées dans nos élégants chaussons hyper ajustés. Vous l’aurez compris, il faut un certain temps pour s’acclimater au contexte. Et assurément les quatre jours de notre sortie ne suffiront pas.

Notre point de chute est organisé en demi-pension au très confortable gîte l’Aiglière à Vallouise, situé à quelques encablures (environ 50, 1 encablure = 200 m) de nos lieux de grimpe. En dépit d’un vivier appauvri par l’effet combiné du vieillissement de la population salariale et de la baisse générale des effectifs, racler les fonds de tiroirs nous aura permis de trouver dix adhérents grimpeurs répondant aux critères requis. Largement de quoi constituer un groupe viable pour une sortie qui se profile alors sous les meilleurs auspices. Et pour cause, devant nous, quatre jours de grimpe ensoleillés se dessinent alors au cœur d’un des plus remarquable site du pays. Perspectives pour le moins réjouissantes…

Détail du programme au jour le jour.
Vendredi. D’un commun accord, nous optons tous pour une mise en jambe en couenne sur les secteurs Orage d’Etoiles le matin, puis Draille. Globalement coutumiers de la pratique sur calcaire, Il s’agit pour nous tous de nous familiariser aux .particularités de l’escalade en dalle sur granit. La raison nous impose en effet de tâter le terrain avant de nous lancer dans le grand bain. A défaut de nous avoir rendu spécialistes, cette séance nous aura permis de savoir où l’on met les pieds (dans tous les sens du terme), de jauger notre niveau d’incompétence, préservant ainsi une bonne dose d’humilité par rapport à ce qui nous attend. Cette expérience nous incitera à rester raisonnable sur le choix des difficultés des grandes voies à venir. Baisser d’un bon niveau nous semble alors judicieux. Tu grimpe 6c à vue sur ton terrain de prédilection ? Tu optes pour la grimpe plaisir ? Limite-toi alors à 6b en grande voie le temps de comprendre le « mode d’emploi »…
Orage d’Etoiles et Draille étant respectivement exposés Est et Ouest, nous avons passé la journée durant en plein soleil. Rien de tel pour comprendre ô combien les UV sont toujours autant d’attaque, fussions-nous les premiers jours d’automne. Cette constatation devrait orienter judicieusement le choix des secteurs à pratiquer pour les jours à venir… Dans les faits, pas tant que cela…
Samedi. Grand bain pour tout le monde. On retire les brassards et autres bouées canard. N’ayant pas peur de se mouiller, on est désormais parti pour les grandes longueurs…
Plus attirées par l’esthétique de la voie que rebutées par l’insidieuse attaque promise des UV officiant en guet-apens, 2 cordées se sont engagées dans le magnifique Pilier du Levant, qui, comme son nom l’indique est orienté plein Est. Plein soleil le matin, il va de soi. 8 longueurs de bonheur dans le niveau 6a max. En dépit d’un soleil bien présent, le départ matinal et la (toute) petite brise accompagnant les cordées la voie durant ont rendu les conditions supportables. Cet itinéraire est parallèle à l’Arête à Francis souvent confondue avec l'Aréta Flanklin, laquelle, à difficulté annoncée semblable promet d’être au moins aussi esthétique et agréable. Un projet pour l’avenir.
Plus raisonnables, les autres cordées se sont engagées sur les secteurs de la Draye orientés Ouest, à l’ombre donc au moins le matin, avec pour terrain de jeu des voies en 7-8 longueurs : Le Dernier Néandertalien, Super Raoul, Fouillat…
Dimanche. Les 2 cordées ayant opté plein soleil hier basculent sur la Dray à l’ombre jusqu’à 14h. Au programme, Explosion des Calcanéums en 7 longueurs avec variante de départ 6b sur 3 longueurs pour l’une des cordées. Me concernant : à refaire volontiers, … mais sans la variante 6b qui m’a laissé … disons, … perplexe !...
Les autres cordées ont choisi le secteur de La Poire orienté Est, au soleil, donc... Au menu, La Bonne Poire et Ecrins Total en 7 longueurs. « Trop chouette ! » diront certains.
Lundi. 3 cordées ont exprimé le souhait d’aller voir les couennes du côté de la quartzite de Casse de Prelles. Assurément athlétique, un type d’escalade aux antipodes de celui d’Ailefroide sur une roche qui ne connait pas la patine... Secteur Aiguilles. Autre ambiance, magnifique endroit avec vue unique sur Briançon. Escalade en canyon. A l’ombre, donc. Quelques belles réalisations avec notamment Le Doigt de Dieu, 7a, voie ouverte par Léon XIV et gravie à vue par Anthony et Philippe …
A Casse de Prelles, le reste du groupe a préféré les couennes du secteur Fissure d’Ailefroide… comme quoi, hein, tous les goûts sont dans la nature !...

Voilà donc quatre jours magnifiques qui se sont encore écoulés plus vite qu’il ne le faut pour l’écrire !... Et c’est probablement là le seul reproche que nous pourrions faire sur le déroulement du séjour. Quoi qu’on en pense, quoi qu’on en dise, le site d’Ailefroide est exceptionnel. Son ambiance montagnarde est remarquable, son offre pléthorique sait ravir autant le bloqueur que le couenneux ou que le multipitchcératops (mammifère primate rupestre amateur d’escalade en grandes voies, caractérisé par un cerveau volumineux, la station verticale, des mains préhensiles, la capacité de langage articulé et de raisonnement abstrait )… Par ailleurs, difficile de trouver plus appréciable gîte que celui de l’Aiglier. Nous y avons savouré la qualité de l’accueil, du confort et de la restauration élaborée avec soin et passion par Carine à partir de produits locaux. Nous retiendrons également le plaisir éprouvé à l’issue d’une belle journée sportive de consommer en terrasse à Ailefroide village, profitant de la douceur des derniers rayons de soleil, échangeant sur les impressions de la session de grimpe avec, en arrière plan, le majestueux décor du massif...
Un grand merci à Martine pour l’organisation de la sortie et à tout le monde pour l’ambiance, la bienveillance et la convivialité. C’était top ! Vraiment !... Alors, quand est-ce qu’on remet ça ?

 

A bientôt.
Chonch’

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Prochain événement : fin du programme escalade 2026.  Rdv désormais au printemps 2027

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