Reportage

Escalade

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Escalade dans les calanques de Marseille mai 2026

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Le séjour en images:
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Imprévus et petites contrariétés sans incidence…

 

Le massif des Calanques est une merveille de la nature nichée entre la cité Phocéenne et La Ciotat. Pour qui traine ses guêtres dans la région, ce paysage exceptionnel est un incontournable. Entre plages de galets et de sable fin, petites criques et eau turquoise, harmonies de couleurs et de parfums, lumières extraordinaires, vertigineuses falaises plongeant à pic dans la mer, ses ambiances à la fois marines et alpines, cet écrin de biodiversité a tout d’une carte postale ! Mais le saviez-vous ? Derrière ce décor nonchalant aux couleurs estivales, ce lieu est pour le moins chargé d’histoire de l’escalade. L’acte de naissance de la grimpe dans les Calanques date de 1875, année de l’ouverture de la section Provence du Club alpin français. Ça ne nous rajeunit pas ! A peine plus tard, la Grande Candelle est gravie. Juste avant le deuxième conflit mondial, c’est au tour de la rébarbative face nord du rocher des Goudes de tomber. Cet exploit technique provoque une révolution et lance une dynamique telle qu’en moins de dix ans, des grimpeurs comme Rébuffat et Livanos portent l’activité au plus haut niveau. C’est parti ! Les calanques de Marseille deviennent dès lors le terrain d’entrainement de nombreux alpinistes. Avec notamment les réussites des deux personnages précédemment cités dans les massifs du Mont-Blanc et des Dolomites, l’école des Calanques brille au firmament de l’alpinisme mondial. Lorsque les Parisiens s’affûtent sur les blocs de gré de Fontainebleau, les sudistes s’aiguisent sur le calcaire blanc des calanques. Deux écoles aux antipodes techniques et géographiques, néanmoins complémentaires qui, contrairement aux massifs alpins, présentent l’avantage de pouvoir être fréquentées toute l’année…

Mais projetons nous désormais bien des décennies plus tard. Cette destination est longtemps restée un rendez-vous récurrent du programme escalade de l’association. Et puis, brisant ainsi un rituel bien réglé, notre habituel et tant apprécié lieu d’accueil n’a pas résisté aux conséquences de la pandémie du Covid. Situé à deux pas du port de Cassis, l’établissement rayonnait d’un charme remarquable. Trouver dans le secteur un hébergement de groupe agréable et économiquement supportable relève désormais de la gageure. Notre dévolu s’est alors naturellement porté sur d’autre sites d’escalade d’intérêt dont le territoire n’est décidemment pas avare.
Cinq années que la semelle résinée de nos douloureux chaussons chamarrés n’avait délicatement effleuré le calcaire si particulier des calanques Marseillaises. Ça nous manquait. Par ailleurs, animés par le goût du risque, nous étions tentés d’expérimenter le mode d’hébergement en camping. En dépit d’un profil de population en décalage et d’une charge logistique indéniable, gageons que bien organisé, celui-ci pourrait se montrer sympathique et joyeusement convivial. Et ce qui ne gâche rien, la formule apparait forcément économiquement intéressante. Nous nous sommes donc lancés. C’est ainsi, que sous cette forme inédite, la sortie Calanques Marseillaises renaquit de ses cendres…

L’organisation du travail post Covid, les nombreux départs de salariés rattrapés par l’âge de la retraite, ou plus jeunes, motivés par l’offre de reconversion ont eu pour conséquence de réduire à « peau de chagrin » notre vivier d’adhérents. La section ne compte plus assez de grimpeurs « purs et durs ». Par ce qualificatif j’entends, des grimpeurs autonomes, entrainés et motivés à pratiquer jusqu’à « plus soif ». Soyons clairs, selon toute vraisemblance, cette catégorie de pratiquants n’existe plus dans le périmètre Oxygène. Et supposant qu’ils puissent quand-même apparaitre à l’état de traces, exerçant au sein de leur cercle de connaissances ils n’ont pas besoin de notre structure pour s’émanciper. C’est pourquoi notre offre a évolué. Le programme se concentre désormais sur des propositions multi-activités encadrées typées montagne ouvertes à tous. En l’occurrence, l’événement qui nous intéresse aujourd’hui ne déroge pas au principe. Les calanques constituent un terrain de pratique idéal pour qui apprécie la nature, la marche, les activités aquatiques, … accessoirement l’escalade…

Devant nous, quatre jours de beau temps assurés et un terrain de jeu extraordinaire aux dimensions insondables. De quoi combler nos douze vaillants adhérents candidats à l’expérimentation de la formule camping et pour la plupart, à la découverte de l’escalade dans les Calanques. Pour tous, l’objectif du séjour se concentrait sur le plaisir avant tout. La performance attendra. Et de toute façon, la chaleur était telle que même à l’ombre, l’escalade se montrera harassante. Dans ses conditions, il n’est pas surprenant d’observer un glissement naturel des activités vers le thème aquatique.  Il faut dire qu’elle nous faisait de l’œil, la grand-bleue. Un œil aux teintes turquoises profond dont le charme nous a tous conquis. Les criques visitées étaient amplement fréquentées. Etonnant au regard de la longueur et de la difficulté des marches d’accès. Il faut compter environ 2h de marche sportive pour accéder à la plage de la calanque d’Envau. Il n’est pas rare d’y observer des amateurs de plage affublés de leur serviette autour du cou, le teint rouge, le souffle court, déambulant tant bien que mal en tongs sur un chemin à fort dénivelé, rocailleux et très accidenté. Quelle motivation !...
Au bord de l’eau, les épidermes délicats grillaient au soleil, assurant ainsi un avenir prospère aux métiers de l’oncologie dermatologique. Un sympathique parfum d’été régnait sur la zone…

Détail du programme au jour le jour :
Vendredi : Après une première nuit en camping, les yeux apparaissent cernés, les teints blafards, les postures avachies, les paroles rares, ... De mauvaise foi, Nous mettrons ces stigmates sur le compte exclusif des effets induits par une nuit trop courte, la faute à une arrivée tardive consécutive au retard conséquent du TGV.
Au programme du jour, baignade et grimpe à Sormiou, l’une des calanques les plus caractéristiques du massif. Arrivés à la guérite d’accès à la route de la calanque, nous avons la désagréable surprise de constater que le passage est interdit aux voitures. Une extension non prévue des restrictions d’évolution dans les zones sensibles imputables aux exceptionnelles chaleurs et épisodes de vent annoncés. L’accès se fera donc à pied par le col des Baumettes au prix d’une petite heure de marche et compte-tenu d’un dénivelé conséquent et d’une chaleur harassante, d’une heure bien tassée pour le retour …
Après la séance de plouffade récréative tant attendue, il s’agit de passer aux choses sérieuses. Une cordée autonome est partie grimper en grande voie sur le secteur Antécime. Le reste du groupe a évolué en couenne sur le secteur de Lou Spigaou. Pour tous, escalade agrémentée d’une magnifique vue surplombante sur la calanque.

Samedi : A l’issue de cette deuxième nuit en camping, les yeux apparaissent cernés, les teints blafards, les postures avachies, les paroles rares, ... De mauvaise foi, Nous mettrons ces stigmates sur le compte exclusif de la mauvaise qualité du vin bu la veille au soir…
Au programme du jour, baignade dans la charmante calanque de Sugiton et grimpe sur l’aiguille du même nom. Ce secteur offre la particularité de deux expositions antagonistes, l’une à l’Est, l’autre à l’Ouest, permettant ainsi en théorie de pouvoir grimper à l’ombre toute la journée. Accès à partir de Lumigny, dans le périmètre de l'Université d’Aix-Marseille. Point de départ de nombreuses de marches d’approche (de secteurs d’escalade et de lieux de baignade) et de randonnées d’ampleur, l’endroit apparait souvent très fréquenté. Ici se côtoient chaussures de randonnée, baskets, chaussures de running, voire mocassins ou tongs dans un joyeux mélange. Au gré des aspirations, chacun randonne, musarde, piétine ou trottine dans un mouvement permanent bon enfant…
Après une bonne heure de marche, la calanque visée apparait. C’est magnifique. Mais diantre, nous ne sommes pas les premiers ! On se croirait à s’y méprendre sur la plage de Saint Tropez en pleine saison haute !... Bon, n’exagérons rien. Le lieu reste toutefois accessible et agréable. Les amateurs d’eau turquoise y ont trouvé leur compte. Dans notre stratégie du jour, les phases de baignade et de pique-nique devaient permettre d’attendre le passage à l’ombre des secteurs Est de l’aiguille de Sugiton… Et à force d’attendre, il a bien fallu se rendre à l’évidence qu’ici, selon toute vraisemblance, les secteurs Est ne passent pas à l’ombre … ou en tout cas, tardent à le faire. Sans doute le phénomène est-il caractéristique du rythme Méditerranéen. Et en effet, après l’heure de la sieste, l’ombre à enfin daigné lécher la paroi. Dans le doute, la séance de grimpe avait déjà été engagée plein cagnard depuis un bon moment, le soleil radieux distillant sur les grimpeurs son meilleur effet lyophilisant…

Dimanche : A l’issue de cette troisième nuit en camping, les yeux apparaissent cernés, les teints blafards, les postures avachies, les paroles rares, ... De mauvaise foi, Nous mettrons ces stigmates sur le compte exclusif de l’excès de soleil ayant entrainé une déshydratation marquée source de maux de tête entrainant un sommeil de mauvaise qualité…
Au menu du jour, pas de plouffade prévue compte-tenu d’un programme rupestre chargé sur Cap Canaille. En arrivant sur la route des crêtes menant aux départs des différents secteurs d’escalade, nous constatons avec effroi que l’accès est fermé aux véhicules motorisés. Flûte !  mince !  Saperlipopette ! Etc … Nouvelle contrariété. Nous n’avions jamais été confrontés au problème. Après renseignement, il apparait que cette fermeture dominicale est systématique depuis quelques années déjà. Bien ! Nous en prenons donc note pour l’avenir. Cet imprévu nous vaudra de nouveau une belle marche d’approche.
Une cordée a jeté son dévolu sur Le Bitard à Rudiste, une voie récemment tracée dans le secteur Ouvreur de Bouses. Magnifique itinéraire de 7 longueurs en 6a+ max dans un gré aux formes incroyables généreusement sculptées par le vent. Recommandée pour les grimpeurs du niveau ou plus. Le reste de la troupe s’est engagé dans la Traversée Philémon via les 3 rappels du secteur "14 Juillet". Spectaculaire progression majoritairement horizontale très aérienne à travers des formes improbables résultant de l’érosion éolienne du gré, véritable belvédère offrant un visuel unique sur le massif des calanques. Ce documentaire vous donnera un aperçu "grandeur réelle" du spectacle offert.

Lundi : A l’issue de cette quatrième et dernière nuit en camping, les yeux apparaissent cernés, les teints blafards, les postures avachies, les paroles rares, ... Après réflexion, ne faudrait-il pas finalement faire preuve d’honnêteté et admettre que ces stigmates pourraient résulter des effets induits par la qualité perfectible de la literie ?...
Au programme pour ce dernier jour, grimpe sur le secteur Les Cabanons à l’entrée de la calanque de Morgiou, plouffade finale, puis retour au camping pour le démontage du camp.
Pas de mauvaise surprise à signaler. L’accès à la calanque est ouvert. Pittoresque, cette route pourrait à elle seule faire l’objet d’une pleine page de récit. D’abord provençale lorsqu’elle traverse la pinède du début, elle s’aère ensuite brusquement au niveau du col. Le magnifique panorama nous saute alors au visage. On plonge ensuite brusquement vers la mer, la déclivité est telle à ce moment-là, que nous ne voyons plus la route. Drôle d’impression que celle de plonger dans le paysage sans maitrise du véhicule.  Bref moment d’angoisse avant la reprise en main de la situation. Les parois se resserrent ensuite autour du ruban de goudron. L’étroitesse et l’encaissement de la route inquiètent. On slalome entre les roches, on mord sur le bas-côté, on raye la peinture de la carrosserie en frôlant les branches des buissons agressifs. On serre les fesses et croise les doigts afin que nous ne soyons pas en situation de devoir faire face à une voiture remontant du bout du monde. On découvre enfin le hameau et ses cabanons. Le cheminement s’opère ensuite à pied pour découvrir le petit port, ses barcasses retournées, ses pointus qui s’agitent langoureusement. On est sous le charme…
Surplombant le hameau, le secteur de grimpe des Cabanons est orienté Nord. A l’ombre, donc, distillant ainsi une fraicheur salutaire par ces temps de grande chaleur. Dominant la calanque, le lieu est agréable. Les voies sont de belle envergure, certains équipements d’origine confèrent aux itinéraires concernées un typage « classique », ambiance et cotations à l’avenant, imposant au grimpeur une bonne marge technique pour y prendre plaisir.

Puisqu’il faut savoir mettre un terme à ce récit, l’heure est venue de faire le bilan de cette sortie.
Le programme est apparu équilibré.  Alternant les phases aquatiques et rupestres, il a permis aux adhérents néophytes d’appréhender à leur rythme les techniques de l’escalade tout en profitant des plaisirs de la baignade et des magnifiques marches d’approche. De leur côté, les grimpeurs aguerris y ont trouvé leur compte.
A en croire les commentaires saisis au vol à l’issu du séjour, ce dernier serait à classer au registre des réussites. Ceux qui connaissaient l’endroit ont pris grand plaisir à y revenir. Quant aux autres, ils semblent avoir été conquis et rejoindrons probablement la tribu des inconditionnels du lieu.
Pourtant, les nombreux imprévus auraient pu en contrarier le bon déroulement. Le retard significatif du TGV, la chaleur étouffante, les fermetures inopinées des accès aux calanques, les douches capricieuses du camping, tantôt brulantes, tantôt glacées, rarement tempérées, et surtout… la face Est de l’aiguille de Sugiton qui n’est jamais passée à l’ombre. Un comble, quand-même ! Et puis, cette formule camping imposée à un profil de population en décalage aurait pu être mal supportée. Certains à l’orée de la soixantaine ne l'avaient jamais pratiquée, Le pari était osé !...
Dans l’hypothèse d’une prochaine édition, nous éviterons le mois de mai, trop chaud, trop fréquenté, trop de fermetures d’accès. Les mois d’avril et octobre seraient à privilégier.
Et sans vouloir abuser de votre patience, j'oserais émettre un dernier propos afin de remercier chaleureusement l'ensemble des participants pour leur anthousiasme et leur bonne humeur. Ces 4 jours en votre compagnie ont été un véritable bonheur. Un merci particulier à notre cataliseur d'ambiance et moniteur Raph qui derrière sa nonchalance apparente cache une compétence et une humanité hors norme...

 

A bientôt.
Chonch'

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Prochain événement : multiactivité montagne dans le massif des Bauges
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