Reportage

Escalade

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Escalade à Cala Gonone - Sardaigne - Novembre 2019

La fiche événement:  Lien

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Une semaine de grimpe insulaire dans la plus pure ambiance Méditéranéenne...

Nous y voilà donc. Certes, nous nous doutions bien que cela allait arriver. Mais pourquoi si vite ? Il n’y. avait pas d’urgence !... Notre sortie « Destination lointaine » met un terme définitif au programme grimpe 2019. Comme à chaque fin de saison, à un moment de l’année où envisager grimper chez nous relève d’une démarche pour le moins intrépide, à l’instar de la faune rupestre chamarrée des Rochassiers assidus, nous migrons vers des territoires offrant des conditions climatiques plus engageantes à la pratique de l’escalade. Le soleil modéré et la douceur, sont les prérequis essentiels qu’il est encore possible de trouver sur des destinations pas trop éloignées de chez nous, notamment dans les contrées du Sud de l’Europe. Répondant aux critères, la Sardaigne constituait alors une cible de choix…
Nous étions déjà passés en pays Sarde il y a une quinzaine d’années. Nous en avions apprécié le cadre magnifique, la variété des sites, la qualité des itinéraires et  gardé un excellent souvenir du lieu. Pas illogique dans ces conditions que nous revenions  user de concert semelles résinées et pulpe des doigts sur l’excellent calcaire local…

Puisque l’un d’entre nous a eu l’étrange idée de se blesser, c’est à cinq grimpeurs au moral néanmoins gonflé à bloc, que nous sommes partis de Région Parisienne la fleur au fusil, par un moche matin brumeux comme les d’automnes de nos régions savent si bien en produire. Cinq grimpeurs, soit, deux cordées et demie. En outre, limités a priori par le poids des bagages, nous  avons convenu de ne pas emporter de cordes à double. Pas les meilleures conditions possibles, donc, pour aborder sereinement la généreuse offre Sarde. Nous avons ainsi renoncé aux grands itinéraires pour nous concentrer sur les « couennes » (voies d’une longueur typées sport).
Par ailleurs, parmi nous, deux pôles se distinguaient. Le premier par sa détermination à ne surtout pas s’aventurer au-delà du niveau technique 6a, l’autre par son appétence à vouloir titiller le niveau 7. La difficulté dans ces conditions résultait au choix de sites satisfaisant l’ensemble du groupe. Le grand écart n’était pas facile, le compromis hasardeux, la frustration sous-jacente… Ainsi, avons-nous  écarté de notre programme certains sites  majeurs identifiés trop faciles ou au contraire, trop élitistes. Pour toutes ces raisons, la magnifique Cala Goloritzé et l’extraordinaire Millénium auront notamment fait les frais de la situation. Ce sera assurément là un point de contrariété. Le seul, rassurez-vous !...

Située sur la côte Est, à mi-chemin Nord-Sud au niveau du golfe d’Orosei, Cala Gonone sera notre point d’attache. La Sardaigne est jalonnée de sites de tous types, blocs, terrain d’aventure, couennes, grands itinéraires. Néanmoins, la concentration de spots typés « couennes » autour de Cala Gonone en fait l’une des régions réputée pour la pratique de ce genre de grimpe. Et puis, compte-tenu de la brièveté du séjour, il fallait bien faire un choix…
Notre villa vaste et lumineuse, idéalement placée, était agrémentée d’une immense terrasse donnant sur la mer. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, spectacle quotidien exceptionnel, l’exposition Est de notre terrasse nous gratifiait chaque matin de l’éclatante entrée en scène de notre astre solaire préféré, s’extrayant de sa ligne d’horizon, dominant la Grand Bleue, inondant l’espace de ses furtifs et singuliers éclats de feu. Chaque matin, nous étions à l’affût de l’événement pyrotechnique à l’issu duquel le rituel du petit déjeuner pouvait alors se mettre en route. Suivait le programme sportif conformément au thème de la sortie, et enfin, l'incontournable baignade du soir. Avouons-le, ce rite de fin de journée était réservé aux mordus de la pratique. Compte tenu de l'heure et de notre situation orientale, la séance se déroulait en effet en ambiance crépusculaire,  plutôt fraiche, le soleil  ayant déjà disparu derrière la cîme des montagnes...

Afin de garder en mémoire le programme de cette sortie, voici le détail au jour le jour des événements.
Samedi 26/10 : Voyage Orly-Olbia (Easyjet). 1h50 de vol. Prise en charge de notre véhicule de location (Avis), Renault Grand Sénic. Compter environ 1h30 de route pour Cala Gonone. Prise en charge de notre hébergement.
Dimanche : Pluie annoncée. Nous nous engageons malgré tout sur un programme grimpe à Bouchi Arta.
.Situé au Sud Ouest de Cala Gonone, à l’aplomb de Cala Luna. Accès par une piste  assez longue. Nous n’avons pas eu le temps de grimper avant l’arrivée d’une pluie soutenue anéantissant tout espoir de pratique avant plusieurs heures. Ainsi, changement de programme avec une balade à partir de Bouchi Arta, dans le canyon menant à Cala Luna. 1h30 de marche pour atteindre la calanque.  Balade magnifique,  Cala Luna offre un cadre exceptionnel. Cette balade nous a permis d’aller observer la configuration des secteurs de grimpe de la calanque. Les voies du bord de plage, l’essentiel de l’offre, nous ont paru extrêmement patinées, rendues en outre glissantes par les embruns. Par ailleurs, il faut faire preuve d'un niveau de bravoure assez prononcé pour en remettre sa sécurité à la fiabilité douteuse des points d’ancrage pour la plupart d’apparence profondément  corrodés. Secteur magnifique donc, que nous réserverons pour notre part uniquement au plaisir des yeux. Pas touche, donc ! De nombreux autres secteurs de la région nous tendent les bras !...
Lundi : Temps ensoleillé. Retour sur Bouchi Arta. Endroit agréable. A l’ombre le matin. Pied des voies confortable et spacieux. Grandes envolées de 20 à 40m sur dalles compactes avec gouttes d’eau et « boites aux lettres ». Beau calcaire adhérent, voire très abrasif, sauf sur les premiers mètres de la seule 7a du secteur (sans nom, comme c’est souvent le cas ici) qui propose la succession de deux pas de bloc sur une patine particulièrement marquée!...Nous avons beaucoup apprécié la qualité des voies. Notons, ce qui n’enlève rien à l’intérêt du site, que les cotations nous sont apparues globalement optimistes. Cotation « Discount » diront certains !... Ce qui nous aura valu certaines déconvenues cinglantes en abordant d’autres secteurs les jours suivants…
Mardi : Monté Bonacoa. Situé sur les hauteurs de Cala Gonone. Accès par la route directe (en mauvais état) de Dorgali, puis piste sur le Sud. En configuration de lame, le site présente deux orientations, Sud-Est et Nord-Ouest avec l’intérêt de toujours pouvoir trouver de l’ombre… ou pas.  Dalles grises compactes. Niveaux modérés, de 5a à 6c. Belle ambiance en face Sud-Est avec vue sur la mer. Belles envolées en face Nord-Ouest avec notamment deux remarquables voies à l’extrémité gauche 6c facile et 6b+ beaucoup moins commode. Comme partout, les cotations restent indicatives, la perception de la difficulté, assez subjective…Sur le retour, petit stop bière au bar situé sur le belvédère en début de piste. Magnifique vue crépusculaire sur le golfe et Cala Gonone…
Mercredi Margheddie secteurs El Choro 2 et 3. Accès à pied par la piste à partir de la première épingle de la route d’Orosei. Compter 30 mn de marche. Le secteur 2 typé dalles propose de belles envolées d’une bonne trentaine de mètres dans les niveaux de 5b à 7a+ avec une dominante sur le 6a/b sur un calcaire magnifique et très « Spicy ». Le secteur 3, plutôt réservé aux « gros bras » propose des itinéraires en dévers avec tous les artifices et exubérances attendues des voies d’escalade modernes, Tuffa, brocoli, colonnettes, …, dans les niveaux de 6b à 8a. Belle offre pour les septigrades débutants du groupe …
Jeudi :  Pluie attendue en début d’après-midi. On nous avait déconseillé Biddiroscottai, pourtant identifié site majeur. Nous y sommes quand-même allés… Nous l’avons regretté !... Pour l’escalade assurément. Mais pas pour les yeux. Un peu à l’image du ressenti à Cala Luna. Marche d’accès très agréable le long du littoral.  Site absolument magnifique, notamment aux environs de la grotte. Des couleurs et des exubérances géologiques étonnantes, le lieu prend des allures de décor de cinéma. Mais dès qu’il s’agit de grimper, l’ambiance vire au vinaigre ! Il faut une sacré dose d'audace pour faire confiance aux points d’ancrage "travaillés" par la corrosion. En outre, avoir plaisir à grimper avec la sensation d’avoir du beurre au bout des doigts et sur les semelles de chaussures n’est pas donné à tout le monde !... Les embruns, la forte fréquentation et la vétusté des voies ont fait leur œuvre. Dommage ! Vraiment ! De toute façon, la pluie nous a vite remis dans le droit chemin… du retour.
Vendredi : Arcadio. De l’avis de tous, au regard du niveau du groupe, probablement le site le plus chouette et intéressant de ceux que nous avons fréquentés durant le séjour. Situé à droite au niveau de la 3ème épingle en montant sur la route d’Orosei, Arcadio, comme son nom l’indique, apparaît comme un vaste amphithéâtre de calcaire jaune et ocre dominant Cala Gonone. Vue magnifique. Superbes itinéraires avec ticket d’entrée assez exigeant, 6b si l’on excepte les trois 6a un peu marginales, et une myriade de belles voies dans les niveaux plutôt élevés. Nous nous sommes tous bien employés, à la limite de nos modestes possibilités, et avions tous promis d’y revenir avant la fin du séjour… et puis, finalement, non !
Samedi : Margheddie secteurs El Choro 1. Pour cette ultime journée de grimpe Sarde, dans un élan d’altruisme et d’inhabituelle générosité, les instances représentatives du groupe ont décidé (la mort dans l'âme) de favoriser (pour une fois) les niveaux les plus modestes. El Choro 1 présente de très belles envolées de 30 m et plus en dalles sur du calcaire tout neuf, et dans des niveaux globalement centrés sur le 6a. Les plus aguerris auront pu néanmoins solliciter leurs doigts dans la voie la plus difficile du secteur, un itinéraire 6c+ bien raide et généreusement « Spicy ». A l’issue de la séance, vers 16h, il a été décidé d’aller « jeter un œil » du coté de Millenium dont l’accès est possible à partir du chemin de retour. Site majeur de la région, il aurait été dommage de quitter l’ile sans y être passé. C’est une via ferrata qui mène à la fameuse grotte. Nous avions négligé la complexité d’accès, et par ailleurs, un horaire déjà bien avancé. En cette période, le crépuscule vous saute au visage après 16h30, heure à laquelle nous découvrions, ébahis, l’immensité et la beauté de cette extraordinaire cavité. Un véritable univers parallèle, avec sa forêt, sa faune, sa population de campeurs et sa vue imprenable sur la mer… Un petit tour pour une de nos cordées dans la magnifique Trentatré Trentini 6b+ dans une ambiance crépusculaire bien avancée, avant d’engager le retour de nuit et sous une pluie battante !... Lavés, douchés en profondeur, jamais 30mn de marche ne nous auront paru aussi longues. Epilogue marquant dont nous aurons gardé les traces humides jusqu'à notre retour à Paris !
Dimanche 3/11 : Voyage retour Olbia – Orly (Transavia).  Arrivée à 17h.

Nous garderons un excellent souvenir de ce séjour sportif en Sardaigne. Avec à peine deux heures de vol et une heure trente de route, Cala Gonone reste une destination « facile ». En outre y trouver à se loger bien et bon marché en cette période post estivale est chose aisée. La diversité des sites de grimpe, l’étendue de l’offre, la qualité du terrain, des itinéraires, l’ambiance naturelle, la beauté du décor, des lumières,  la douceur du climat et bien sûr la mer, ses calanques, mais également ses belles plages, ses criques sauvages, font de Cala Gonone une destination de choix pour tous les amateurs de sport-nature en général, et d’escalade en particulier. Nous pourrions sans trop de risques supposer que ces qualités s’appliquent à la Sardaigne en général.
Par ailleurs, idéalement situé sur les hauteurs, à proximité du centre de vie de Cala Gonone, vaste et clair, en position de vigie avec terrasse sur la mer, notre lieu d’hébergement n’aurait pu faire l’objet d’un meilleur choix…
Ici, pour nous tous, signe de réussite incontestable du séjour, le temps nous a paru passer bien trop vite.
Outre le phénomène de l’horloge qui s’affole, à la modeste liste de nos regrets et déceptions s’ajoutera la dimension du groupe. Avec cinq inscrits, il est de nouveau observé étonnamment insignifiant au regard de l’intérêt qualitatif et économique de la sortie. Si notre  magnifique événement Marseille fait le plein chaque année, il est frustrant de constater qu’ en dépit d’une offre de niveau sensiblement supérieure et surtout, d’une accessibilité technique au plus grand nombre, il n’en a jamais été de même concernant l’échappée lointaine...

 

A bientôt.
Chonch'

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Le séjour en images :
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Les participants :
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