Reportage
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14 éme édition de notre sortie escalade à Marseille. Plus que de doigts sur les deux mains réunies, et rendez-vous compte, bien plus que de nez au milieu de la figure!...14 années consécutives que l’événement apparaît invariablement au programme escalade Oxygène PSA. Son succès est inaltérable. Pour certains, ce sera la dernière sortie de la saison, pour d’autres, la première et la dernière. En effet, pour beaucoup, s’il y en avait qu’une à faire, ce serait celle là. Sans vouloir les offenser, je nuancerais
néanmoins. Car si, la sortie Marseille se distingue par son charme indéniable et sa singularité indiscutable, sans pour autant négliger le cœur du programme, une autre présente un intérêt tout aussi marqué. Il s’agit de notre sortie dite lointaine, curieusement beaucoup moins demandée. Elle clôt pourtant magnifiquement la saison dans une ambiance estivale, exotique et ensoleillée sur des falaises toujours exceptionnelles et magnifiques. Néanmoins, Marseille restera éternellement Marseille. En dépit de son ambiance saline corrosive rongeant à cœur les points d’encrage, son inoxydable charme méditerranéen attirera toujours autant de monde. Et c’est tant mieux!...
14 sorties escalade à Marseille, 13 reportages (que je vous invite à relire). Comment éviter la paraphrase? Ainsi, je vous ferai cette fois grâce du descriptif récurrent pour me concentrer sur les singularités de l’événement. Car en effet, si l’ambiance si particulière et le caractère sauvage des calanques sont toujours bien présents, si les voies dures apparaissent ici toujours aussi … dures et engagées, si les longues approches y apparaissent toujours aussi … longues et pomatoires, si notre chouette formule d’hébergement au cœur historique de Cassis nous apparaît toujours aussi … chouette, concernant cet épisode, certaines particularités sont toutefois à mettre en exergue…
Parmi celles-ci, sans doute la plus marquante, le dysfonctionnement de mon application qui calcule les quantités alimentaires en fonction de l’effectif et de la durée du séjour. C’est ainsi que par effet d’emballement (deux fils ont du se toucher!), nous nous sommes retrouvés avec 2 stères de carottes, un demi quintal de pommes, 117 pomelos, 325 saucissons, 190 kg de mélange de graines, 150 kg de Cantal fermier, la même quantité d’emmental, 34 plaquettes de chocolat, et enfin, … 3 concombres!!! Autant vous dire que l’ensemble, dans le gîte, empiétait significativement sur notre espace vital. Néanmoins, et c’est l’essentiel, nous avions la garantie de ne pas mourir de faim et la perspective de pique-niques pantagruéliques à en faire pâlir d’envie notre communauté motarde Oxygène PSA (Comprenne qui pourra!).
Parmi les particularités à noter, signalons également que pour la première fois, sans doute plus matinaux et mieux préparés, nous avons globalement su tenir un horaire, que personne ne s’est perdu en dépit de marches d’approches toujours aussi longues et « tordues ». Jean-Jacques, le patron du Commerce en apparaissait tout surpris, presque déçu!... Avec bonheur, nous avons su mettre à profit ce crédit de temps pour buller (entendez « boire une bière ») en terrasse sur le charmant petit port de Cassis, à profiter de la douceur du soir, à contempler le soleil doucement décliner et glisser derrière la Grand Bleue dans son écrin de feu…
Autre singularité marquante pour cet épisode Marseillais, le montage par Raph, notre encadrant, d’un atelier « artif ». Il était question de faire « chanter le piton ». A part quelques esprits rebelles dont je faisais partie, nombreux ont été ceux qui se sont prêtés à la démarche. Mais kesdon que l’escalade artif? Définition: L'escalade artificielle, ou artif, est un style dans lequel les points de protection sont utilisés pour la progression. Le terme s'oppose à l'escalade libre, dans laquelle aucune aide artificielle n'est utilisée pour la progression. En escalade artificielle, le grimpeur progresse en se suspendant ou en montant sur son équipement. En escalade libre, le grimpeur monte en se tenant ou en marchant sur les caractéristiques naturelles du rocher, en n'utilisant la corde que pour se rattraper en cas de chute et pour s'y suspendre au relais. Les techniques d'artif sont le plus souvent utilisées sur des voies extrêmement raides et longues, requérant une grande endurance et résistance, à la fois physique et mentale. Au cours de cet atelier, il a donc été question de placer son matériel de progression, pitons, coinceurs, crochets à goutte d’eau, échelles, etc… et d’évoluer dessus. Une manière efficace de mettre à l’épreuve sa résistance mentale… et celle du matériel. Toute une histoire!...
Pour cette 14ème édition, le hasard a voulu que nous soyons 14 joyeux lurons (Nous devions être 15… Promis, ce sera pour l’année prochaine) tous sérieusement décidés, en dépit d’une préparation pour la plupart modérément soutenue, à croiser le fer avec les éléments. La météo était annoncée belle et stable pour
vendredi et samedi, plus erratique sur les deux jours suivants. Ainsi, entorse à la coutume, nous avons concentré les itinéraires longs, donc les plus sportifs, sur les deux premiers jours. Ceux qui espéraient une montée en puissance progressive ont forcément été surpris, et pour certains, sont encore au moment où j’écris ces lignes, sous le coup d’une récupération laborieuse…
Nous disposions de trois véhicules. Ainsi, il nous a été possible de composer au mieux avec les aspirations et niveau technique de chacun. Le programme sportif s’est alors concentré sur les secteurs suivants:
Vendredi : Programme plein gaz au dessus de l’eau avec Somiou face Sud (secteur Conglué), Eissadon pilier Est (Tréfond du Passé et Clandestino), Cap de l’Aigle (sur le surprenant pouding de la Ciotat).
Samedi : De nouveau ambiance plein gaz au dessus de l’eau avec Devenson (Etat d’Urgence et Sanababich), Eissadon (L’aiguille et Sur les Traces de Gaston), Sormiou accès pédestre (Dièdre Guem).
Dimanche : Puisque les Anglais disent que c’est bien, nous sommes allés aux Goudes (Atelier Artif sur face N des Lames, grimpe sur Rocher St Michel).
Lundi : Morgiou pour tout le monde avec Crêt St Michel (Couennes et grandes voies).
A l’unanimité, le programme fut exceptionnel, les itinéraires tous magnifiques et à conseiller…
14h14 lundi, un diluvien et subit orage a mis un terme définitif à notre programme grimpe au moment précis où le dernier d’entre nous a pu enfin poser le pied sur le plancher des vaches. Etonnamment, personne ne s’est fait surprendre en paroi. Quand on vous dit que nous avons su maitriser le temps d’une main de maitre! C’est donc trempés, fourbus, sentant le chien mouillé, néanmoins comblés, que nous avons replié le camp et migré vers les voitures sans pour autant, au passage, avoir négligé le rituel baignade de Morgiou. De toute façon, hein? Mouillés pour mouillés!...
Enfin, dans le TGV qui nous ramenait promptement vers notre chère région de vie, nous avons fêté à notre manière le terme de cet événement exceptionnel par un pique nique à la hauteur des quantités alimentaires résiduelles, arrosé de la désormais classique cuvée « Pissotière de l’Impératrice » le petit vin de Claude, breuvage qui, aux dires de notre œnologue de service (je me désengage donc de la responsabilité ces propos!), ne vous fera jamais de mal tant il est difficile d’en consommer au-delà d’un demi verre…
A bientôt.
Chonch’
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